Jamais de résolutions

Redémarrer. Avoir, prendre, recevoir le luxe de tout poser, bien à plat. Et penser fort à sa vélocité. Ne jamais prendre de résolutions de début d’année.

C’est la démarche en cours à La Serre, autour de mon rôle, et de ma santé.

 

L’épuisement solitaire du premier concierge et autres gorgées de bière

Un cas d’école bien classique, expérimenté dans de nombreuses communautés liées à un tiers-lieu : la personne qui fédère la communauté originelle, qui s’occupe de l’accueil, de l’achat du café, de recevoir politiciens, journalistes et nouveaux membres, comme de sortir les poubelles, s’épuise vite.

Le sachant, l’ayant vécu plusieurs fois, l’ayant même anticipé cette fois, je n’ai pourtant pas réussi à éviter d’y laisser (un peu) plus que ce que je pouvais donner. Concrètement, il est urgent que je réduise mon temps de permanence et d’accueil, pour me concentrer sur un rôle plus calme et en partie à distance de réflexion stratégique. Et heureusement, j’ai une équipe patiente et un leader visionnaire qui veulent toutes et tous que je fasse exactement ça, après m’être reposé un peu, avant de devenir un danger plutôt qu’un atout pour notre communauté.

Premier élément de ma cure : je serai à Lyon ce WE pour un moment de franchise communautaire (#MYNEmix) et de retrouvailles entre amis chers, notamment sur ces thématiques (bien-être, gouvernance, pérennité), avec les copains de La Myne.

Une transition, mais comment ?

 

De l’aide solide pour faire mieux et plus, ensemble

En plus de Julien et Nathanaël, les deux autres membres fondateurs des communautés hébergées et contribuant à La Serre, deux femmes bien bad ass viennent renforcer l’équipe conciergerie de La Serre et assurer une transition la plus propre possible concernant ce rôle, malgré mon inénarrable capacité à ajouter du chaos partout. Si vous passez travailler à nos côtés à La Serre, vous connaissez déjà ou vous rencontrerez bientôt :

  • Sophie. Ses forces : un parcours déjà dense sur les mécanismes collaboratifs communautaires (hola-/sociocratie, développement durable…), l’envie depuis longtemps de passer la barrière et de contribuer activement à la gestion d’un tiers-lieu après nous avoir observé en tant que membre depuis quelques mois, un solide pragmatisme appliqué à la gestion/rationalisation de projet avec bienveillance et à la communication en ligne,
  • Daniela. Ses forces : architecte et spécialiste du facility management, Daniela dessine les plans de notre future extension. Elle rationalise aussi nos espaces de rangement, et est en charge d’améliorer nos procédures, afin que nous puissions tous nous concentrer sur l’humain. Un passage par la conciergerie de terrain va lui permettre de mettre en perspective pas mal de chose, et nous aider à remettre en question ce qui doit l’être.

Quelques outils indispensables qui nous aident dans ce processus :

  • Slack pour les questions rapides, le partage d’info à distance, la recherche d’historique,
  • Robin App + Google calendar (et de manière générale, Drive, e-mail et spreadsheets Google pour à peu près TOUT), pour la gestion de nos salles de réunion partagées,
  • Revolut pour nos paiements en ligne.

 

Se concentrer sur quoi désormais ?

Et à mon retour ?

Plus d’écriture (ici ou sur Medium). Plus de veille. Un retour aux sources, sur la route, en ligne, en documentant plus et mieux mes rencontres passées et actuelles, l’inspiration et les leçons pratiques à en tirer. On va probablement commencer par une série d’interviews de femmes et d’hommes qui envoient du lourd.

Et puis COHIP. L’exemple d’Ashley, rencontrée à Barcelone en 2013, ce qu’elle est en train de faire à Vancouver, et le besoin urgent en Suisse d’une couverture santé de meilleure qualité et meilleur marché (LAMAL, optique, dentaire) pour les indépendants fédérés autour des communautés suisses de coworking, et l’envie d’adapter le modèle canadien de COHIP ici mûrissent depuis trop longtemps ; maintenant on le fait (laisse un mot ici si tu penses en avoir besoin : la première étape, c’est fédérer 100 indépendants et entrepreneurs vaudois qui souhaitent bénéficier d’un tel service).

Le coworking à Lausanne bouillonne en ce moment. Je me réjouis de voir ces communautés contribuer beaucoup plus à la conversation globale (via le Coworking Global Survey 2018 par exemple), et devenir une force encore plus au service des indépendants, bien au-delà des murs de nos lieux.

 

Où est Shalf ?

Dans la cuisine ? Pas seulement, je ne suis que le non-dominant cook de mon couple (pour baver sur des recettes, il faut aller sur le blog de ma brillante épouse).

En ce qui me concerne, je vais profiter de ce court billet pour vous préciser deux choses :

  • Où j’écris en ce moment, utile si me lire avidement fait partie de votre rituel hebdomadaire,
  • Où je serai visible sur scène ou dans la salle ces deux prochaines semaines.
Un mème de l'ami Eric Butticaz - https://twitter.com/EricButticaz/status/371649981423169538

#walkingshalf : un mème de l’ami Eric Butticaz

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Nouvelle série de billets : Coworking Troubadour. s01e01 : Ramon Suarez, Betacowork, Bruxelles

J’ai décidé de commencer cette année par une série de questions à poser à des gens qui m’inspirent depuis longtemps professionnellement.

On commence cette semaine par un ami bruxellois cher, Ramon Suarez. En plus d’être un humain particulièrement généreux, Ramon a toujours été pour moi une inspiration dans la façon de mettre l’humain et l’action au cœur de toute activité professionnelle.

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Ce qui change dans ta vie avec le coworking

Après cinq ans de travail acharné de documentation personnelle plus ou moins ordonnée, de rencontres et de pratiques du coworking, il est temps de procéder à une restitution. Premier d’une série (ou pas), ce billet va permettre de poser quelques traces dans un coin propre, d’où je viens et où j’espère me rendre dans cette communauté européenne et mondiale. Et surtout, détailler quel est son impact sur les écosystèmes de l’innovation et ceux qui font plus que prononcer ces buzz words, qui les vivent.

A chaque fois qu’on me demande d’expliquer ce qu’est le coworking pour moi, je repense à cette photo.

Laptop Superstar, Coworking Europe Conference, Barcelona, nov. 2013 — Curtesy of Stefano Borghi www.stefanoborghi.com

Laptop Superstar, Coworking Europe Conference, Barcelona, nov. 2013 — Curtesy of Stefano Borghi www.stefanoborghi.com

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Police de la créativité jurassienne, vos papiers siouplé !

Cela fait cinq jours que j’arpente l’Arc Jurassien à bord du #labdavanac, le van connecté de mon pote Damien qui nous sert de newsroom mobile, en compagnie également de Benoit, vidéaste de talent (entre autres). Toutes sortes de sympathiques personnes ont embarqué à tour de rôle avec nous, des membres de Système J, l’initiative associative qui nous donne cette opportunité, aux journalistes locaux en passant par de créatifs et déjantés jurassiens de naissance ou d’adoption. C’est le #systemeJontour et son backtrack géolocalisé, dans le cadre de la Semaine de Créativité au Jura #sdlc2015. Viens on t’emmène (fieu).

labdavanac_sdlc2015

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Tiers-Lieux et plus si affinités #tiliosdesign

J’ai eu le privilège de présenter sur scène la journée IN de la Biennale Internationale du Design de Saint-Etienne 2015 intitulée « Tiers-Lieux et plus si affinités » il y a une quinzaine de jours. C’était mon second séjour à St-É’, à l’invitation de mes compères et vétérans de la scène coworking francophone Yoann Duriaux et Antoine Burret, qui animent la POC Foundation, dont je suis membre.

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Pourquoi aller à #SxSW (une 2e fois) ?

2013 était une excellente année pour découvrir South By South West (de son petit nom #SxSW, donc), le festival américain rassemblant chaque année plus de 35’000 furieux de Hi-tech en tous genres pour sa partie « Interactive ». Il a lieu cette année du 13 au 17 mars, et j’y suis.

Découvrir Austin

2013, donc. Découverte d´Austin sous le soleil de mars, découverte de la 6eme rue dans sa beauté nocturne et la folie des costumes sponsorisés de tous ordres : la chouette d’Hootsuite, le logo improbable de la 78e app qui se lançait ce soir-là et qu’on essayait de nous vendre dans un vacarme assourdissant et une ambiance de carnaval, des marques d’alcool… toute la folie commerciale de la tech, de l’Amérique, sont là. Découverte des participants à la GCUC (prononcez « juicy », pour Global Coworking Unconference Conference) qui s’achevait la veille d´Interactive cette année-là, découverte de leurs histoires et de leurs parcours au gré des soirées plus ou moins sauvages, plus ou moins officielles, plus ou moins confidentielles, dans toute la ville. Apprentissage qu’un hôtel situé dans North Austin est toujours une mauvaise idée pour l’enfer logistique qui s’en suit, alors qu’un BBQ est toujours la meilleure idée dans cette ville.

Marié depuis moins de 6 mois, c’était aussi mon premier voyage avec mon épouse, mais seulement pour une partie de celui-là : cinq jours à New York, puis je m’enfuyais pour mon premier « souce baï » comme on dit en francophonie, pendant qu’elle traversait Central Park sous des tombereaux de neige quelques jours de plus puis rentrait chez nous.

Première grosse conférence américaine, première fois à Austin. Et une vilaine crève attrapée dans le froid new-yorkais qui me fera garder le lit presque 3 jours sur les 6 que je devais passer sur place.

« Tout ce que je sais du business, je l’ai appris dans D&D »

Un des premiers moments marquants fut pour moi la présentation #Chaotic de Phil Libin, CEO d’Evernote. Première fois que je voyais un CEO américain pitcher son entreprise tech sur scène. Evidemment jeans et petite veste. Evidemment t-shirt aux couleurs de sa boîte. Même quand on est Phil Libin et que le monde entier utilise ton produit. Surtout quand on est Phil Libin, en fait.
On peut encore retrouver l’intégralité sonore de cette présentation, introduite par Robert Scobble sur Soundcloud.
Enfin je voyais en action l’intuition que j’avais depuis des années, moi qui tentait de commencer une carrière sur la base de ce que j’avais appris à la dure des interactions communautaires comme officier de guildes de jeu vidéo massivement multijoueur à univers persistant, en ligne donc. Phil Libin explique le plus simplement du monde que tout ce qu’il sait du business, il l’a appris dans Donjons & Dragons. Qu’il ne croit pas au jeu à somme nulle, et que donc être Chaotic Good, en affaires comme dans la vie, est la façon la plus simple de faire quelque chose.

Bien sûr il a montré les slides de ses premiers pitches à des investisseurs, avec les classiques graphiques de croissance exponentielle du nombre d’utilisateurs (je faisais partie de ceux-là, et je deviendrais utilisateur premium quelques mois plus tard, pour le rester depuis). Bien sûr il en a fait des caisses. C’est le CEO d’une « 100-years startup », ou qui aimerait bien le devenir, après tout. C’est la présentation (la consécration ?) d’un des rares CEO de l’époque pas obsédé par une future introduction en bourse, même s’il y pense.

Tant d’autres découvertes : les food trucks à l’américaine, un improbable BBQ joint le jour du départ, l’IPA coulant à flots dans certains espaces de coworking non loin de la 6e rue, et les belges présents à Austin paradant avec des chapeaux publicitaires remplis de badges de nos nouveaux et éphémères meilleurs potes. J’ai toujours le mien quelque part dans un tiroir à la maison. Des stickers, dont certains sont toujours des pièces maîtresses de la collection vivante exposée sur mon laptop, et des milliards d’autres goodies.

@garyvee

Et puis il y a la bête de marketing personnel. Découvert deux ou trois ans plus tôt en Belgique dans les couloirs du siège d’Emakina à Bruxelles ou pendant une nuit au Bar du Marché, grâce à Jim : Gary Vaynerchuk. « Son premier bouquin s’appelle ‘Crush It!’, mais il est un peu superflu pour toi, tu as déjà dépassé cette étape. Mais tu dois lire « The Thank You Economy » absolument ! ». Jim avait raison, comme souvent dans ma période bruxelloise (sauf pour une certaine bague). Je viens de débuter comme Junior Conversation Manager, repéré sur Twitter pour mon aisance sur ce réseau. J’allai imploser en vol au bout de quatre mois, mais c’est une autre histoire. @garyvee théorise dans «  The Thank You Economy », chiffres et bibliographie pharaonique à l’appui, pourquoi et comment le marketing en ligne doit viser la relation fidèle de long-terme, et comment la gratitude se crée au sein de l’échange patient et attentif bidirectionnel. Pourquoi les nouveaux clients de notre temps voudront acheter : par gratitude. On parle à l’époque d’usages américains déjà très grand public, alors que les grandes marques européennes ne sont pas sûr qu’avoir une page Facebook ou un compte Twitter soit une bonne idée. Avec un stagiaire, peut-être.
Austin, couloirs du Convention Center. Zone ne nécessitant donc pas de détenir le précieux sésame qu’est le badge d’accès à la conférence pour y circuler. Le type a refusé de faire une des « major keynotes » (3 à 5’000 auditeurs minimum garantis suivant la salle). A la place, il est venu avec un stand gris, une espèce de comptoir surplombé d’un bandeau portant simplement son compte twitter peint en discrets caractères blancs : « @garyvee ». Et ça fonctionne. Ses fans font la file, poliment, calmement, pendant quasiment toute la journée. Il parle avec chacun d’eux, dédicace des bouquins, prend des photos qu’on n’appelle pas encore selfies. Le temps file. Je ne suis arrivé qu’à la mi-journée, je fais partie de la grosse vingtaine de ceux qui attendent encore leur tour quand Gary annonce qu’il va bientôt devoir aller prendre son avion. Alors un cercle se forme, et il propose aux plus hardis de prendre la parole, de se présenter. Quand viendra mon tour, ce sera simplement un « Since I read your book, and you are getting behind schedule, let’s cut the crap: Thank You. » Regards. J’ai mon édition hardcover de « The Thank You Economy » dans les bras. Sans un mot, il s’en saisit, la signe, me sert la main: « Thank YOU, Yann. ». Il fait le job.
Les bénévoles que j’aborde après son départ sont épatés : « on ne sait pas qui est ce mec, mais on n’a jamais vu ça, une file aussi longue, aussi longtemps ! ». Je le croiserai à nouveau à Londres un an plus tard pour la signature du bouquin suivant, grâce à Neila et un coup de bluff lié à la Medialab Session, propulsée partenaire média officiel de cet événement unique en Angleterre… suite à un simple tweet de ma part. Il me dédicacera un exemplaire avec un rhinocéros pour ma femme, alors en train de devenir consultante et productrice de contenu indépendante (comment, tu ne lis pas son blog ?!).
Le type en fait trop, il a des centaines d’heures de podcast vidéo derrière lui, d’abord pour déguster et vendre du vin, puis pour mettre en scène son agence de communication, et certains le détestent. Son dernier bouquin, presqu’un manuel, n’est pas le plus puissant, même si le concept est encore plus affiné : « Jab, Jab, Jab, Right Hook », soit « Give, give, give [to your community], then ask[/sell] ». Et pourtant il fait sûrement gagner un temps fou à des milliers d’Account Managers d’agences spécialisées médias sociaux dans le monde, si leurs clients savent lire. Gary Vaynerchuk en fait trop, mais son portfolio d’investisseur, incluant Twitter et d’autres grands noms de la tech et des apps aujourd’hui, parle pour lui. Un des premiers utilisateurs, suite au lancement confidentiel en 2006… à SxSW. Evidemment. Quelqu’un dont on peut apprendre beaucoup donc, surtout au vu du poids qu’a eu et a encore Twitter dans mon parcours professionnel et personnel ces six dernières années. Un type qui continue à répondre aux mentions dès qu’il a cinq minutes dans un taxi, même depuis qu’il a dépassé le million d’abonnés.
Cette année, Gary a cédé aux sirènes des 5’000 fans chauffés à blanc, et sera sur la scène de SxSW Interactive avec l’ex-CEO de GE pour une conversation qui s’annonce d’ores et déjà épique.

WiFi & culture

Y a-t-il une mythologie de l’homme blanc trentenaire startuper dans la tech ? Si oui, le pèlerinage se fait à Austin, et le Convention Center en est le temple.
Le seul endroit au monde où j’ai vu de mes yeux un directeur/VP de Cisco se balader avec des seaux entiers de relais WiFi dans les mains, vérifiant nerveusement sur son smartphone les indications des gens qui l’interpellaient sur son compte Twitter personnel pour aller en jeter par poignées dans les pièces du Convention Center où le WiFi se faisait faible.
Le seul endroit au monde où on a laissé rentrer mon groupe de potes en VIP dans une fête parce que nous dépassions les 10’000 abonnés twitter à nous six et que nous avions accepté de tous télécharger l’app de la startup qui recevait sur le champ, devant le videur, avant de se faire arroser de hotdogs et de bières toute la nuit.

Le premier rassemblement professionnel de ma nouvelle vie où je n’ai pas eu à expliquer ce que je faisais en tant que « Conversationalist », le titre qui figure sur mes cartes de visites depuis 2012, et où on a pu rentrer dans le vif du sujet immédiatement : parler de nos communautés en ligne ou physiques respectives, de leurs densités, de leurs impacts, de leurs ambitions. Où « Community Manager » était déjà désuet, incomplet, obsolète.
D’autres endroits suivront cette même années 2013 où je me sentirais chez moi. Par exemple avec ma première participation à la Coworking Europe Conference à Barcelone, après avoir micro-crowdfundé mon budget (et un peu plus pour la communauté) pour y aller.

SxSW Interactive, l’endroit où toute personne se disant « startuper » voire « entrepreneur disruptif » (sic) en Europe doit un jour mettre les pieds pour savoir de quoi il parle, et à quelle culture il appartient, d’où il vient, s’il y appartient vraiment. L’endroit où « High risk & High growth » ne sont pas que des mots. Pour comprendre ce que c’est qu’un Trade Show où on joue de la guitare hawaïenne et où on te remet une serviette en papier imprimé pour que tu te souviennes du nom de l’app parmi 500, 1000 autres. Coucou Napkin.io, où que vous soyez aujourd’hui : vous aviez tout compris. La preuve, vous êtes gravés au fer rouge dans ma mémoire, 2 ans et quelques centaines de rencontres plus tard. L’endroit où cette culture si fortement liée aux arts — SxSW, c’est également et depuis bien plus longtemps un festival majeur de musique et de cinéma se déroulant sensiblement en même temps dans la ville — s’est développée, accompagnant ou précédant toutes les évolutions majeures des technologies liées à Internet de ces 10 dernières années. Il faut d’ailleurs lire le passionnant « SxSWi Uncensored » pour comprendre l’oralité, la vivacité de cette culture du flux, et les différentes époques et prises de pouvoir éditorial de divers groupes d’influence.

SxSW, la conférence qui s’empare de la medtech comme si c’était naturel. La prochaine frontière hi-tech. Le prochain enjeu majeur ; une des raisons qui donne tout son sens à mon engagement sans compter dans l’aventure Hackuarium / UniverCité aujourd’hui.
J’espère pouvoir servir d’éclaireur à ma communauté élargie en Suisse romande sur ces sujets cette année. Le défrichage à faire est immense, dans un pays (la Suisse) où plein de gens mortellement sérieux demandent encore à des entrepreneurs de remplir des Business Plans inutiles et obsolètes avant même d’être achevés au lieu d’apprendre à savoir qui sont vraiment leurs clients et leurs besoins. Les mêmes qui regrettent ensuite l’échec d’ingénieurs n’ayant jamais reçu le moindre cours de Marketing 101 dans leur formation. Le monde avance, les gars. La multitude des clients connectés a repris le pouvoir. Sans vous.

Parlons et agissons en avril

Je suis disponible à mon retour dès le 23 mars ou plus tard cette année, partout en Suisse romande, pour échanger à ce sujet et présenter les résultats de mes pérégrinations aux professionnels le désirant. Plusieurs formats sont envisageables pour presque pas cher, du déjeuner à la masterclass.
Un de mes rêves complètement improbables serait d’y retourner l’an prochain ou dans deux ans avec une délégation romande clairement identifiée. Ou ailleurs, mais ensemble. D’autres l’ont fait en francophonie, et ce fut déterminant pour toute une génération d’entrepreneurs. Je suis donc également disponible pour mettre ça sur pieds, sans tarder.

SxSW, l’événement qui m’a permis d’arrêter de douter pour de mauvaises raisons, qui m’a permis de rencontrer ou revoir tant de professionnels passionnants, dont certains sont devenus des amis proches : I belong here. And here I come again!

#MyTopTenBooks : que donnons-nous à voir ?

Qu’est-ce qu’on partage quand on présente au détour d’un tweet sa sélection arbitraire et la plus spontanée possible de dix livres ?

Les dix livres à lire absolument ? Les dix sans lesquels notre vie n’aurait pas été la même ? Les dix que l’on relit régulièrement, ceux qu’on n’a jamais réussi à relire ? Les dix qu’il faut avoir lu pour avoir une chance de vous comprendre ? Compliqué. C’est intime, une liste de livres. Ça creuse profond. Ou au contraire c’est un pied-de-nez.

Dans mon cas, qu’est-ce qu’on se met sous la dent ?

Les armes secrètes, Julio Cortázar.

Certaines nouvelles changent une vie. D’autres élargissent l’horizon. Cortázar fait tout ça, et mieux.

« Alors Dédée a dit qu’elle allait préparer du nescafé. Cela m’a fait plaisir de voir qu’ils avaient au moins une boîte de nescafé. Quand on a une boîte de nescafé, on est pas tout à fait dans la misère noire. On a encore de quoi tenir un peu. » — Extrait de « L’homme à l’affût ».

A Little Larger Than the Entire Universe, Fernando Pessoa.

Je cherchais Le livre de l’intranquilité, et pas moyen de remettre la main dessus.

Pessoa, c’est l’auteur que tu as envie d’envoyer à la gueule par brouettes aux incultes qui parlent trop, à ceux qui n’ont jamais connu la lumière de fin de journée sur Lisboa, ceux qui ne connaissent pas la saudade, la culture d’un peuple de la mer qui vient de loin. Les bas-du-front qui te parlent de carreleurs et de poils. Sombres cons.

Ruy Blas, Victor Hugo.

Central. Le drame romantique, la bataille d’Hernani… Hugo au sommet de son art dramaturgique, avec une préface au moins aussi importante que la pièce elle-même. Il y avait à cette époque les génies capables de changer une manière séculaire d’écrire pour la scène, et ceux encore plus géniaux capables de l’expliquer aux autres.

Et puis le thème. Grandeurs et décadences du pouvoir, des hommes qu’il transforme. L’amour, et ses stupidités comme ses grandeurs. Et puis l’Espagne, celle du grand siècle. J’ai étudié cette pièce en usant mes jeans sur les chaises d’un lycée du Sud-Ouest, je me souviens encore de ma phrase d’introduction de la dissertation qui me valu 17/20 au Bac. Je vivrais deux ans plus tard dans une ville où ceux qui avaient fuit Franco et leurs enfants changeaient l’art et la façon de vivre.

Reproduction d'un dessin de Benjamin Roubaud, 1842. "La Grande Chevauchée de la Postérité".

Reproduction d’un dessin de Benjamin Roubaud, 1842. « La Grande Chevauchée de la Postérité » (Domaine Public, via Wikimedia Commons)

Les neuf princes d’Ambre, Roger Zelazny.

Rentrer dans un univers, s’y laisser draper, en tellement peu de mots que c’en est vertigineux.

Le sens du poil, Flipflap von Bonpourtonpoil.

Un jeune auteur sur fond bleu à la lolfluence décisive.

La Horde du Contrevent, Alain Damasio.

Exercice de style exceptionnel.

La Zone du Dehors, Alain Damasio.

Comme 1984, mais en plus actuel. Appel à la Volte, au refus de ce qu’on pense pour toi, mieux, dans d’autres cerveaux.

The Elephant Vanishes, Haruki Murakami.

Ce recueil de nouvelles m’a appris le sens de l’absurde, là où mes Bruxellois préférés n’avaient que commencé le travail.

Des nouvelles comme « Sleep », qui commence par cet exceptionnel : « This is my seventeenth day without sleep ». Ou encore :

« Now, of course, I know exactly what I should have said to her. It would have been a long speech, though, far too long for me to have delivered it properly. The ideas I come up with are never very practical.

Oh well, it would have started « Once upon a time », and ended « A sad story, don’t you think? » (…)

But the glow of their memories was far too weak, and their thoughts no longer had the clarity of fourteen years earlier. Without a word, they passed each other, disappearing into the crowd. Forever.

A sad story, don’t you think?

Yes, that’s it, that is what I should have said to her. » — extrait de « On seeing the 100% perfect girl one beautiful April morning ».

Pour en apprendre davantage sur la solide culture musicale de l’auteur (qui a aussi tenu un club de jazz dans une de ses vies), je recommande chaudement l’excellent « Haruki Murakami and the Music of Words », par Jay Rubin (Vintage, 2005).

L’homme précaire et la littérature, André Malraux.

Ma fierté de rat de rayonnages : épuisé et introuvable pendant longtemps (un libraire de mes amis m’apprend à l’instant qu’il vient d’être réédité), j’avais chopé le dernier de la maison Castela aujourd’hui fermée, au coin du Capitole toulousain. La vision du ministre de la culture Malraux, une érudition qui calme un peu. A lire avec un bloc-notes pour toutes les références qu’on n’a pas et qui ne feront pas de mal à acquérir pour devenir un honnête homme de l’art.

Il trône dans ma bibliothèque à côté du best-seller de Joël Dicker, pour rigoler.

Sept jours pour mourir, Ingrid Black.

Le dernier livre que j’ai emprunté à mon père de son vivant, le dernier d’une glorieuse et longue série. C’est stupide, il avait une collection de polars tous plus brillants les uns que les autres, et il a fallu que ça tombe sur cette daube. Ironie du bouquin qu’on picore un soir sur une étagère.

Le Seigneur des Anneaux, J.R.R. Tolkien.

Lu tous les ans de mes 16 à mes 26 ans. Pour la scène de la boule de furie naine qui sort d’une poterne et fait rouler des têtes d’orcs d’un geste alerte dans la boue du Gouffre de Helm, principalement. Cette édition spéciale a survécu au feu et à l’eau, j’y tiens particulièrement.

That's all folks!

Un peu de contexte pour les data lovers :

Le point de vue et l’analyse du mathématicien, de l’historien, et de la femme de ma vie. Ma pile a été soumise trop tard pour faire partie des data traitées, mais ça vaut le coup d’œil tout d’même.