dans collaboration, Coworking

Sortir de La Serre

Après deux années pleines et intenses à La Serre, je quitte l’aventure : les opérations se déroulent sans moi, toujours dans notre lieu historique des hauts de Lausanne, depuis fin 2018. L’assemblée générale de coworking.ch le 21 mars prochain sera ma dernière occasion de représenter la communauté.

J’en profite pour partager avec vous quelques foirages et quelques trucs dont je suis fier.

Quelques échecs personnels

La culture tiers-lieux en émergence est difficile à transmettre, tout comme ma vision personnelle du coworking en particulier et des lieux hybrides en général. Les membres d’une équipe ont rarement le temps de lire ou de rattraper les bases très denses d’un milieu où vous êtes un pionnier depuis plus de 10 ans (et ce n’est pas forcément ce qu’on leur demande, ils et elles ont leurs propres spécialités).
Transmettre, au-delà de l’exemple, les bases culturelles profondes sur lesquelles on fait, et pourquoi l’on fait, est très difficile. En parler sur scène dans des festivals du numérique ou exposer dans des biennales de design, ça fait plaisir à l’égo et c’est du bon positionnement de marque, mais c’est bien plus facile que de faire infuser ça localement.

Si je devais monter une nouvelle équipe de zéro, je crois que l’essentiel d’un processus de recrutement et de formation se ferait sous forme de book club, et de rencontres-débats avec mes mentors et mes pairs.
Malgré toute notre bonne volonté et des tentatives répétées, nous n’avons jamais lancé de blog La Serre, ou de groupe d’écriture hebdomadaire pérenne. Écrire ensemble aurait certainement prévenu cette difficulté à parler de et vivre la même chose.

Une gouvernance distribuée est difficile à mettre en place dans une structure pré-existante. Pour avoir fait les deux désormais, je préfère de loin l’appropriation par toutes et tous au début d’un nouveau projet.

Quelques réussites collectives

Passer du projet d’une école souhaitant faire tiers-lieu, à un lieu centre de services qui accueille aussi une école, et où l’on mixe coworkers résidents, personnes externes organisant leurs événements, et activités académiques n’est de loin pas facile, surtout à hauteur de plus de 150 personnes par semaine dans moins de 300 m2. Avec une équipe qui aime déplacer des meubles, et des meubles adaptés (robustes, pliables, à roulettes, légers), c’est faisable.

Pour la première fois en bientôt 7 ans et une demie-douzaine de communautés/lieux lancés à Lausanne, j’ai eu le luxe de travailler avec une communauté pré-existante se dotant d’un nouveau lieu. J’ai hâte de recommencer, c’est un confort exceptionnel, tant du point de vue du modèle d’affaires, que du point de vue des interactions au sein de la communauté.

Pendant presque 2 ans, nous avons été la seule communauté de coworking à Lausanne proposant de la nourriture fraîche et saine sur place à nos membres, du lundi au samedi. Les règles légales sont très contraignantes, les enjeux budgétaires peu simple à faire rentrer dans les cases, mais l’effort en vaut le coup, notamment en termes de types de membres que cela attire. À refaire sans hésiter, probablement directement avec bar et cuisine aux normes pour la préparation sur place, la prochaine fois qu’on me demande ce qui me plairait.

Un projet secondaire m’a particulièrement touché : fin 2017, en quelques semaines, nous avons designé et aménagé les nouveaux locaux d’une société en développement. Je suis retourné les voir plus d’un an après notre intervention : toutes les interactions que nous avions pointées étaient justes et les besoins pleinement remplis, l’équipe y est heureuse et y travaille productivement dans un cadre détendu.

Et maintenant ?

J’ai une page « now » toute neuve à remplir sur mon blog. Revenez souvent voir ce qui s’y trame.

Pour des mandats classiques de rédaction ou d’accompagnement de dynamiques communautaires, mais aussi pour des aventures plus exotiques outrageusement bien rémunérées, un email ou un tweet et c’est parti.

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  1. C’est en trébuchant qu’on avance. Qu’on progresse. Qu’on ouvre la porte à un nouvel épanouissement. Je suis certain que tu vas très vite nous enchanter avec une nouvelle aventure. Mucho love.

  2. Si tu le voulais, tu pourrais certainement te faciliter la vie: changer de domaine ou devenir un coworker immobilier. Le potentiel semble sans limites, il suffit juste d’avoir les locaux vides à disposition (…). Te souhaite bon vent pour tes nouveaux projets qui, te connaissant, vont avoir du piquant sinon l’ennui te guète.

    • Merci pour les vœux, Martin 🙂 Comme souvent, tu touches juste : « vouloir », « pouvoir » surtout, sont des verbes compliqués. Alors je te fais une réponse bruxelloise : si seulement je savais (me faciliter la vie) ! 😉