Un peu de mise en scène ne gâche rien. CC-BY Open Knowledge Foundation (Flickr : okfn)

OKCon 2013 : My Open Knowledge Conference à moi


La semaine dernière s’est achevée avec ce petit blues caractéristique post-conférence. J’ai pu assister à l’OKCon à Genève, et j’en repars électrisé. Tant à faire dans ce pays, la Suisse, en francophonie, et partout où data et connaissance doivent être libérées. Et il y a beaucoup de travail avec les journalistes suisses.

Le fonctionnaire face à la salle (Andreas Kellerhals, Swiss Federal Archives). CC-BY Open Knowledge Foundation (Flickr : okfn)

Qu’allais-je donc faire dans ce centre des congrès ?

Je suis membre actif de Wikimedia CH, la section locale ou chapter de la Wikimedia Foundation, depuis un an. Tu dois connaître un truc (ou deux) qui n’ont pas trop mal marché issus de cette initiative.
Piètre contributeur, j’essaye de me rendre utile quand c’est possible, par exemple en participant aux derniers comités de recrutement des salariés de l’association (notamment les premiers Community Managers, et dernièrement les tous frais directeurs administratif et scientifique).
Le but affiché de ce mouvement est de « participer à l’avancement des connaissances libres », Open Knowledge en anglais. Voilà pour l’intérêt philosophique et militant. Si tu veux creuser un peu les valeurs et les exemples qui me tiennent à cœur dans cette cause, tu peux par exemple visionner cette excellente vidéo et te renseigner sur Aaron Swartz. Une amie m’a récemment fait le plaisir de m’enregistrer pendant qu’on en parlait, tu peux retrouver ces sons sympathiques sur son site. Je t’en pose un pour te mettre l’eau à la bouche :

Une seconde motivation, c’est ma participation au projet Medialab Session. Romain, le fondateur, avait fait le déplacement de Nantes à Genève pour l’occasion (tu peux lire son compte-rendu sur Medium). Nous avons fait le plein de riches rencontres professionnelles et personnelles pendant ces 3 jours, j’y reviendrai plus bas.
La OKCon de Genève était produite par l’équipe de LIFT Events, et leur talent pour faire se rencontrer l’écosystème suisse indépendamment des différences linguistiques s’est une fois de plus révélé précieux ; merci Sylvie, Mélanie, Magaly et Hannes.

Bosser chez LIFT events, c'est donner musicalement de sa personne. CC-BY Open Knowledge Foundation (Flickr : okfn)

Bosser chez LIFT events, c’est donner musicalement de sa personne. CC-BY Open Knowledge Foundation (Flickr : okfn)

Pour quoi faire ?

Nous avons donc assisté pour commencer au lancement du portail suisse de l’Open Government Data. Le fonctionnaire en charge, bien que n’étant pas le meilleur orateur de ces 3 jours, s’en est sorti honnêtement. J’espère pour lui qu’il a un franc soutien de sa hiérarchie et de l’exécutif (pour le législatif, c’est acté). C’est maintenant que tout commence, au-delà de la mise en scène chère aux officiels.

Un peu de mise en scène ne gâche rien. CC-BY Open Knowledge Foundation (Flickr : okfn)

Un peu de mise en scène ne gâche rien. CC-BY Open Knowledge Foundation (Flickr : okfn)

Romain et moi nous sommes surtout concentrés ensuite sur la série de conférences et ateliers « Evidence and stories »

  • Nous avons raté « Data visualization: how to turn data into stories », mais Benjamin Wiederkehr a eu la gentillesse de partager tout le matériel relatif à cet atelier sur le site de son agence. Une excellente mise en bouche d’après les présents.
  • « Visualizing Information for Advocacy », par le Tactical Tech Collective, était tout simplement passionnant : des exemples percutants d’utilisation de la visualisation pour transmettre un message militant et des designs de datavisualisations parfaitement exécutés. La discussion post-atelier était également très enrichissante, nous allons essayer de participer à la traduction en français de leur prochain livre.
  • Les deux derniers moments de cette série, « Data-driven Campaigning », et « Data-driven Storytelling » furent exceptionnels de densité. Ils mériteront sûrement des billets à part, mais citons en vrac : comment les data-activistes Marko Rakar (Croatie) et John Wonderlich de la Sunlight Foundation (USA) pèsent sur la politique de leurs pays respectifs, tout ce qui est fait par les gens incroyables de Code For Africa, et les cas mis en évidence par Irene Jay Liu.

Comme toute conférence réussie, cette OKCon fut avant tout l’occasion de rencontrer des personnes passionnantes. Deux exemples marquants :

  • Hannes Gassert : je n’avais jamais eu l’occasion de discuter en détail avec cette figure bien connue de la scène tech suisse. Et ce fut un plaisir de l’entendre me réaffirmer de vive voix, une bière du Pickwick à la main, sa détermination à continuer les efforts de lobbying en faveur de la transparence dans lesquels il est pleinement investi avec opendata.ch
  • Alexandra Stark : Alexandra a lancé un cri de détresse, détaillé dans son excellente présentation. Il semble que les étudiants de Neuchâtel sont assez semblables à leurs camarades en formation continue de l’autre côté de la Sarine : pourquoi ce manque d’intérêt pour les datas chez les journalistes et futurs journalistes suisses, POURQUOI ?
  • Les volontaires du vestiaire, qui avaient leur compte twitter et qui ont capturé quelques photos de stickers bien cools. Thanks guys!

En guise de bonus post-conférence, je suis devenu le temps d’un Podcast Science le barman officiel du collectif, et ce fut l’occasion de continuer la discussion avec les copains de Hack your Phd. Ecoutez-le et dites m’en des nouvelles.

Next step: let’s rock this swiss community!

Jan Zuppinger, le Community Manager d’opendata.ch, m’a demandé ce que j’avais retenu de cette OKCon. Voici ma réponse :

« We now need a more connected swiss Open community: more conversations between the different language communities, more meet-ups, more cross-languages projects. The lobbying effort for the Open movement has to stay strong: it’s a beginning, not an end because of a flashy launch for Open Data. And more than ever, we need to gather each and every volunteer to make journalism in Switzerland a better, more innovative, one. And that means a lot regarding connecting people and local eco-systems, accelerating pertinent projects and documenting the whole process. Sleeves rolled-up, let’s do this!

-Yann Heurtaux, Wikimedia CH member, Medialab Session Swiss Connector »

Je pense en effet avoir plus que ma part à accomplir en tant que militant et entrepreneur. Voyons ce que ça va donner.

L’an prochain, ce sera un OKFest, à Berlin. On s’y voit ?

 

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