Crève, Community Manager (reste, en vrai je t’aime bien) !

Dans cinq ans, le métier de Community Manager n’existera plus. Et c’est une bonne chose, nous l’allons développer maintenant, comme disait Jean (pas l’aigri faussement européaniste, l’autre). Si tu es étudiant en Community Management (ça rime), je viens probablement de te péter le moral. Mais tu verras, on va s’en sortir ensemble, et tu vas aimer ça.
En passant, « manager » est le pire mot jamais employé pour décrire ce métier. Ne faites plus ça, personne ne veut se faire mal intentionnellement en se tirant des lettres armées dans le pied.
Poursuivre la lecture

Pas d’exécution, pas de chocolat ou « Comment je suis devenu CCC »

J’assistais ce matin à une discussion passionnante dans le cadre d’un rendez-vous mensuel à Neuchâtel, le 2×10 (un espace, commun au Swiss Creative Center et au FabLab à 20 secondes de la gare, 15 à 30 personnes, du café, 2 fois 10 minutes de présentations, une discussion d’une petite heure).
Le thème, la propriété intellectuelle, a permis à Charles Andrès, mon employé (je suis membre actif de l’association qui lui paye son salaire), de tenir le rôle de champion des biens communs. C’était bien.

Ah non c'est pas ça. Belle pierre !

Ah non c’est pas ça. Belle pierre !

Poursuivre la lecture

Back to School: Coursera.org

C’est la rentrée paraît-il, alors allons y sans complexe : une introduction en Computer Science à Stanford, un renforcement en Corporate Finance grâce à un prof prestigieux de Wharton, et pourquoi pas quelques éléments sur l’état de la science et des technologies dans la société chinoise ?

Back to school

Bon évidemment, vu que je suis en train de me lancer en tant que consultant indépendant, ça sera peut-être bien pour l’an prochain, tout ça non ?

FAUX.

Aucun rapport avec Pratchett

Bien au-delà du fantasme, il ne m’a fallu qu’une heure et zéro euros francs pour m’inscrire à ces modules et à d’autres et renseigner mon profil sur Coursera.org. Ces cours sont évidemment un peu particuliers. Ils participent à un mouvement en plein essor répondant au doux acronyme britton de MOOC, pour Massive Open Online Course. La plateforme que j’ai retenu, Coursera donc, a beaucoup fait parlé d’elle en 2012 pour avoir déjà conclu des partenariats avec plus d’une trentaine d’universités prestigieuses.
Même l’EPFL est là, et son Président a récemment annoncé qu’il prenait une année sabbatique, notamment pour observer les enjeux stratégiques liés à ces nouveaux modes de dissémination qualifiée du savoir que sont les MOOCs.

Un objectif double : entretenir mes neurones et progresser

Parmi les cours où je suis inscrit, trois me semblent particulièrement importants, par la qualité des matériaux ainsi mis à disposition, ou par la difficulté de trouver (à prix et horaires abordables) localement des formations au niveau académique suffisant. Restons calmes les Helvètes, je n’ai mon permis B que depuis un mois. Rangez ces fusils d’assault (oui, le Gripen au fond, aussi).

Corporate Finance, par Franklin Allen, Wharton/Penn

C’est un tweet qui m’a mis la puce à l’oreille :

Et effectivement, le monsieur semble très intéressant. Il met un tout petit peu la pression dans la vidéo de présentation en rappelant le public habituel de ce cours (MBA – Finance 6.11, tout d’même), mais ça va, on gère :

La date du cours n’est pas encore connue, mais pour l’ancien étudiant en Microéconomie à Toulouse que je suis, il est particulièrement bon de renouer avec la sensation que les gens en question ne sont pas là pour tricoter, et que ça va mouliner sévère de la yaourtière, si j’puis dire.

Mes deux premiers cours commençant fin janvier : Innovation, et Réseaux sociaux (pour de vrai)

A force de traîner avec demander des conseils à des entrepreneurs bruxellois ou de boire des bières avec un binôme statisticien-historien spécialisé en Digital Humanities, il fallait s’y attendre : la lente descente, la compromission ; j’ai BESOIN de retoucher même de loin à la théorie solidement documentée et aux racines profondes que confère l’expérience de terrain. Je sens que parler dans ce contexte de réseaux au sens noble, scientifique, du terme et de processus d’innovation dans l’entreprise va me stimuler bien comme il faut.

Avoir des idées certes, mais savoir d’où elles viennent, en somme.

La poire pour la soif

Pour moi qui peine dès qu’il doit passer en éditeur HTML pour ne serait-ce que poster ici, le meilleur était encore à venir.
Je n’ai jamais fait l’effort d’apprendre à coder. J’ai de vagues notions d’algorithmique, je sais comment se débrouiller d’un forum phpBB à un WordPress chichement agencé, mais ça s’arrête très vite là.
Alors je dois avouer qu’au moment de cliquer sur « Sign Up » pour m’inscrire à Computer Science 101, Stanford après avoir vu cette vidéo, j’étais tout fou.

De manière pratique, je me suis organisé pour que la charge de travail prévue ne dépasse pas 10-12h par semaine (certains mois on descend même à 5), en fonction des cours se chevauchant. Ça me semble tout à fait raisonnable dans mon cas particulier.

Un dernier détail, et non des moindres : à de rares exceptions près, les cours en question donnent tous droit en cas de réussite aux examens finaux à un certificat signé de l’instructeur. On est encore loin de la conversion en ECTS, mais tout d’même.

Et bien sûr, si je vous ai donné envie de me rejoindre dans une classe ou l’autre, faites moi signe ; on montera un groupe d’étude.

Causons du don

Cela fait quatre mois que je ne donne plus.

 

Je m’étais fait accoster devant ma station de métro par une demoiselle souriante, convaincante, et drôle, ce qui est un ensemble peu courant dans ce genre d’activité. Il faisait beau, j’étais de bonne humeur, je n’avais pas mon casque réglé sur « MOAR LOUDER » sur les oreilles : combinaison encore plus rare. J’ai donc donné pendant un an, 10 € par mois, à l’UNICEF belge. Et puis au moment de quitter la Belgique et de mettre de l’ordre dans mes comptes bancaires, j’ai supprimé le virement automatique

 

Il y a quelques années, j’ai essayé le bénévolat, pour me retrouver dans une équipe qui ne me plaisait pas du tout : arrêt au bout de trois semaines. Il y a des cons partout, même chez ceux qui veulent servir à manger aux sans-abris et papoter un peu avec eux, quand ils en ont envie et que tu ne sens pas trop le savon et la pitié.

 

Ça ne fait pas de moi un exemple, encore moins un type avec quelque chose d’intéressant à dire sur le sujet. Et c’est bien mon problème : j’aime donner, j’aime participer, j’aime partager, par tous les moyens. Mais les parcours classiques à ce sujet – dons d’argent ou de temps à des « œuvres charitables » – ne me conviennent pas du tout.

Je ne lis pas les comptes-rendus que l’on m’envoie ; c’est au mieux un gaspillage de papier. Je ne me sens pas impliqué. Je ne me sens pas partie d’un tout (je déteste ça en général, de toute façon). J’ai besoin de me sentir déterminant, pas seulement partie d’une masse de donneurs. Et même quand je n’ai rien ou pas grand chose à l’échelle occidentale, je sais que je peux quand même faire quelque chose.

 

CC-BY-SA opensourceway (Flickr)

 

Deux possibilités se présentent en ce moment à moi pour essayer de varier tout ça, de trouver une façon de donner qui me convienne. Vous aurez peut-être des idées plus fines et plus pertinentes.

 

Le micro-crédit

La dame avec qui je vis, qui en plus de me rendre heureux pose en général un regard vif et original sur ce monde en folie, a rejoint un système de micro-crédit finançant tous types de projets dans des pays émergents ou particulièrement défavorisés, de l’entrepreunariat classique et simplement malin de faire appel aux Internets mondiaux qui cherchent un moyen de chasser l’ennui, au projet de pompe à eau potable un poil plus vital.

Il en existe plusieurs, celui qu’elle m’a présenté s’appelle Kiva.

Ça a l’air très bien fait, si tu es parrainé on te prête même 25 USD virtuels que tu peux utiliser pour financer de vrais projets. Et le site est propre et agréable à l’usage, ce qui est rare et parfois plus que rebutant pour moi (oui je suis un horrible snob, mais je le vis bien).

Sauf que je n’accroche pas. Après deux soirs à passer en revue les sollicitants pour un prêt, rien qui ne m’ai tapé dans l’œil.

 

Le crowdfounding

Peut-être que je ne suis pas fait pour le don. Ou pas comme ça.

Peut-être que ceux que j’ai vraiment envie d’aider, ce sont de mesquins nantis comme moi, qui ont des préoccupations certes passionnantes et créatives, mais beaucoup plus futiles.

Peut-être que si je consacrais un petit budget pour jouer avec deux projets par mois sur Kickstarter, ça me suffirait. On n’y trouve pas que les « million-dollar projects » dont se régalent les journalistes spécialisés en ce moment, mais aussi du financement de documentaires très engagés, par exemple.

 

Comment tu donnes, toi ? On en avait parlé sur les internets il y a quelques mois, j’ai continué à y réfléchir, sans trouver de réponse satisfaisante.